Globe Puissance 9 : le « tour du monde en solaire »

mai 14th, 2008 · Actualités, La navigation ·

Un de nos adhérents, Jean-Edouard Masson, a rendu visite à Jacques Riguidel, de retour de son tour du monde en solitaire et sans énergies fossiles. Rencontre au port de Vannes et récit…
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Tatatin ! Tabarly, Pajot, Kersauson ou Riguidel naviguent pas sur des cageots, ni sur des poubelles… ! Tatatin ! La mélodie m’est venue à l’esprit quand j’ai entendu le nom de ce navigateur venant d’achever un tour du monde en solitaire et sans énergie fossile.
La référence à la chanson de Renaud fait sourire Jacques Riguidel (originaire de Quiberon) qui accueillait les visiteurs très gentiment ce week-end à Vannes. Jacques, qui a déjà rencontré Eugène Riguidel, précise d’emblée qu’il n’a aucun lien de parenté avec le navigateur de légende.
De retour le 22 avril d’un tour du monde bouclé en 210 jours - ce qui est plutôt correct lorsque l’on franchit le Cap Horn seul sur un bateau de 9 mètres - il semble que ses retrouvailles avec la civilisation ne soient pas trop délicates, bien qu’il garde un goût amer de la facture (salée) pour quelques jours d’appontement à Quiberon. Ce qu’il surnomme « son tour du monde en solaire » a été réalisé alors qu’il n’avait que peu de temps disponible, pas plus d’argent (pas de sponsors)… L’énergie solaire a finalement été pour lui le meilleur outil et le plus économique pour mener à bien son projet baptisé Globe Puissance 9.
Car l’objectif n’était bien sûr pas de faire tomber un chrono. Loin des records ou courses pour des bateaux qu’il surnomme « étiquettes publicitaires », même s’il reconnaît la valeur des skippers et l’exploit sportif.
Pour Jacques Riguidel, l’écologie et l’économie ont été les points essentiels de ce projet Globe Puissance 9. Car s’en remettre au vent et au soleil, cela permet de s’affranchir et de s’alléger d’un moteur et des réserves de carburant, ce qui représente un gain de poids et d’argent non négligeable. Notre homme avoue néanmoins les inconvénients de l’absence de moteur dans les ports - mais est-ce vraiment important lorsque aucune escale n’est prévue ? - tout en se félicitant de ses choix.
Il aura “simplement” suffit de s’équiper en panneaux solaires, relativement peu épais mais solides malgré les stigmates d’une grosse claque que porte l’un d’eux. Ces quelques panneaux ont assuré tous les besoins en électricité exigés par les instruments de bord, l’éclairage et le dessalinisateur. Et lorsqu’il évoque sa consommation énergétique, je ne peux m’empêcher de penser qu’il est même dommage qu’il n’ait pu revendre son surplus (eh si!) à EDF!
Son équipement était toutefois minimaliste, sans chauffage notamment, mais il déclare n’avoir pas trop souffert du froid (7 degrés affichés dans la cabine au cap Horn, et pas de rencontre avec des icebergs). Pour la cuisine, l’homme avait embarqué un réchaud à alcool. Et le système de régulateur d’allure a été préféré au pilote électrique, réputé énergivore.
Lorsque Riguidel annonce que son bateau est déjà vendu et destiné à une nouvelle vie équipé d’un moteur, je lui demande si cela n’est pas un crève-cœur de s’en séparer après neuf mois passés à son bord. Je comprends rapidement qu’il s’agissait pour lui bien plus d’un outil de promotion de son message écologique, que d’un « compagnon ».
Aujourd’hui, Jacques Riguidel, par le biais de son voyage, souhaite promouvoir les énergies qu’il appelle « inépuisables ». Il semble néanmoins un peu septique sur l’impact généré. Lorsque je me montre confiant au vu du contexte actuel qui se prête particulièrement à la reconnaissance de tels projets, je cite pour exemple la médiatisation des porte-conteneurs géants tirés par une voile de kite surf, il répond que « seule une minorité du public est touchée par ce sujet, le public en question étant préalablement amateur et ouvert à ce domaine» . Certes, tout le monde ne suit pas un certain magazine de la mer sur une chaîne du service public. Mais tout le monde apprécie les nouvelles lorsqu’elles sont bonnes !
Et le navigateur tout juste revenu de son tour affiche, en plus, la satisfaction d’avoir réalisé son rêve en mettant en avant l’énergie propre, tout en réalisant une performance crédible. Un tour “pour nos enfants”, dit-il.

Pour découvrir l’homme, le bateau, l’esprit du projet, le parcours, des photos sympas : globe-puissance9.com

J-E. M.

Le navigateur à Vannes, de retour de son tour du monde
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Les panneaux solaires du rouf n'ont apparemment pas trop souffert
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1 commentaire sur “Globe Puissance 9 : le « tour du monde en solaire »”

la marmotte a écrit :
mai 20th, 2008 at 9:23 am

Pour sensibiliser davantage les Français, il faudrait amarrer un tel bateau dans un port de la Méditerranée !
Les provençaux sont bien moins écolos que les bretons !
C’est vrai, pourquoi faire toujours partir un bateau de Bretagne ? il n’y a que l’océan Atlantique autour de la France ?

J.ED écrit un livre, des articles de journaux, je te vois bien écrivain

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